Bestiaire imaginaire

Bestiaire imaginaire

Bestiaire imaginaire
de Julie DELFOUR
ed. SEUIL

Inspiration des rêves et fantasmagories, Julie Delfour dresse dans ce livre un bestiaire poétique des créatures fantastiques que les écrivains, savants, naturalistes et dessinateurs ont décrites et dessinées au fil des siècles, du Mahâbhârata jusqu'à l’Histoire naturelle de Buffon ou aux légendes indiennes.

Oiseaux démesurés ou créatures volantes côtoyant les astres et les mystères célestes, comme l’oiseau Roc ou encore le sîmorgh, créatures terrestres comme le kikomba, grand primate aux humeurs facétieuses ou cruelles ou bien sûr l’homme loup, créatures souterraines, sous-marines ou encore monstres, chimères ou falsifications, chacune des dizaines de créatures recensées dans ce bestiaire est magnifiquement illustrée par des œuvres de William Blake, d’Odilon Redon, de Gustave Moreau, des miniatures perses ou turques, ou encore des gravures de tous les continents …

Même si l’homme a foulé tous les continents, il reste à découvrir des bêtes ignorées. Alors on rêve de chevaucher le fulgurant hippogriffe, d’observer, mais de loin, la course de la manticore mangeuse d’hommes, ou encore la nage du serpent de mer à crinière.

Ce beau livre, source presque inépuisable d’histoires et d’imaginaire, donne aussi envie de lire, relire ou d'offrir le roman-nouvelles «Six photos noircies» de Jonathan Wable.

[Le lièvre lunaire] « Contrairement aux Occidentaux qui voient dans les taches couvrant la surface de la lune la silhouette d’un homme, les Chinois y devinent celle d’un lièvre. Car selon une légende chinoise, un lièvre se jeta dans le feu pour nourrir Bouddha affamé, lequel le récompensa en envoyant son âme sur la lune. Certains conteurs affirment que le lièvre en personne, et pas uniquement son âme, y vivrait encore. Très affairé, il y préparerait un élixir d’immortalité, d’où son surnom de "Docteur"… »

[Le poisson-évêque] « Cet hybride mi-homme mi-poisson arbore de larges écailles en forme de mitre au sommet de la tête et, sur les flancs, des nageoires tombantes rappelant la robe portée par les évêques à l’office. Quelques spécimens repêchés en mer auraient, selon les témoins, tenu fermement une crosse au bout de leurs nageoires. De quoi apporter de l’eau au moulin de la légende selon laquelle ce poisson remplit son rôle d’évêque au sein d’églises sous-marines, face à un public de sirènes et de tritons… »