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La nuit ne dure pas

La Nuit Ne Dure Pas

La Nuit Ne Dure Pas
de Olivier MARTINELLI
ed. 13EME NOTE

Olivier Martinelli a réussi un très joli pari avec ce La nuit ne dure pas paru en 2011 aux belles éditions Treizième Note (dont il devient ainsi le premier auteur français). Récit "fictif" de la genèse du jeune et talentueux groupe de rock Kid Bombardos, ce roman constitue un hommage puissant au rock indie comme la France en avait jusqu'ici produit beaucoup trop peu...

Le roman rock chez nous (en dehors du champ SF où il y eut de belles réussites - Le temps du twist de Joël Houssin, ou Furia! de Jean-Marc Ligny - sans parler de l'excellent tout récent Rêves de gloire de Roland C. Wagner) produit trop souvent du constat fatigué, désabusé, nihiliste, de rockers se retournant, plus ou moins désespérés, sur leur jeunesse enfuie.

Rien de cela ici : roman à trois voix "écrit" par les trois frères (en "réalité" par leur oncle), bassiste, batteur et chanteur-guitariste, il vibre de réel, de passion, de lucidité tordue et d'énergie qui déplace les montagnes, même dans les vies chahutées et difficiles à construire des 15-25 ans d'aujourd'hui... Les seuls équivalents qui viennent à l'esprit, pour cette redoutable fraîcheur, sont le meilleur Marc Spitz (celui de How Soon Is Never et de Too Much, Too Late) ou le Douglas Cowie de Owen Noone & the Marauder.

Nul doute qu'Olivier Martinelli sert ici la littérature. Convoquant adroitement les mânes de Fante surtout, de Bukowski aussi et de Kerouac (incidemment), une autre prouesse mérite d'être mentionnée, celle de combler l'espace, de mêler la passion, fût-ce au sein d'une grande cellule familiale, entre la culture des 35-45 ans et celle des 15-25 ans, événement trop rare, qui fait clairement de ce roman, et vraisemblablement de son auteur, de grands témoins de ce que peut être un "passeur"...