Manituana

de WU MING

et Serge QUADRUPPANI (Traducteur)

Manituana

Collection : Bibliothèque italienne

Éditeur : MÉTAILIÉ

EAN : 9782864246886

ISBN : 978-2-86424-688-6

Pagination : 507 p.

Poids : 531 g.



Livre neuf indisponible à la librairie.


Coup de coeur de Charybde 2

Avec Manituana en 2007 (publié en français en 2009 - dans la remarquable Bibliothèque Italienne animée chez Métailié par Serge Quadruppani), le collectif d'écrivains italiens Wu Ming renouvelait l'exploit de Q (en français, L'Œil de Carafa) : construire un roman historique au souffle puissant, rigoureusement documenté, parfaitement orchestré, présentant de vrais personnages qui ne soient pas de fugitives caricatures, tout en s'attachant à mettre à jour "l'envers du décor", de l'histoire communément acceptée, du "récit des vainqueurs".

Ici, loin du XVIème siècle de la Réforme et de la Contre-Réforme en Europe (qui était l'objet de L'Œil de Carafa), les Wu Ming nous emmènent en Amérique du Nord, à la veille de la guerre d'Indépendance qui donnera naissance aux États-Unis. Adoptant en détail le point de vue de colons humanistes et fidèles à la Couronne britannique, et de leurs amis amérindiens préférant un souverain lointain et relativement bienveillant à des colons et marchands ô combien présents, et en quête incessante de terres, d'esclaves et de profits, ils nous livrent une vision crédible, documentée et décapante des mythes fondateurs des treize Colonies, loin en effet des réécritures solennelles qui en seront effectuées par la suite. Avec un "morceau de bravoure" indéniable et une authentique fête du langage, lorsqu'une ambassade iroquoise ira affronter Londres, ses splendeurs et ses bas-fonds, pour être reçue à la cour du roi George...

Poursuivant au fond des buts proches de ceux d'un Vollmann dans Central Europe ou d'un Claro dans CosmoZ, avec des moyens entièrement différents, les Italiens chantres du "New Epic" réussissent à nouveau un grand moment d'histoire des vaincus, et nous donnent peut-être le meilleur roman historique de ces dernières années. Travail salutaire et jouissif à la fois, bien servi aussi par une traduction impeccable de Serge Quadruppani.

 

[... et Charybde 1 et 3 approuvent.]

Quatrième de couverture

E n 1775, il existait dans la vallée du fleuve Mohawk un monde métis, baptisé Iroquirlande, où six tribus iroquoises avaient tissé des liens de sang avec des Écossais et des Irlandais sous la protection de Sir William Johnson, commissaire des Affaires indiennes.

Maintenant les terres ancestrales sont menacées par l'avidité des colons qui veulent se libérer de la couronne d'Angleterre. La guerre arrive de Boston et se rapproche, de vieux liens se rompent et la terre devient le théâtre de scènes d'horreur. Le chef de guerre Joseph Brant Thayendanega essaiera d'en appeler au roi, il ira à Londres avec Philip, dit le Grand Diable, guerrier mohawk redouté et lecteur de Shakespeare, Peter, l'adolescent peau-rouge qui joue du violon et combattra dans les armées du roi, Esther qui a le don des visions comme sa parente Molly, la mère des nations iroquoises.

De la splendeur lyrique des forêts et des lacs du Nord-Est américain aux fastes grotesques des salons aristocratiques et aux bas-fonds de Londres, à travers des personnages de femmes et d'hommes pris entre deux civilisations, Wu Ming nous livre une saga qui allie la poésie à la précision extrême du détail. Argot des bandits, langue sacrée des Peaux-Rouges, belle langue du xvule siècle, ils nous donnent à entendre une musique qui mêle la cornemuse écossaise et les chants magiques pour mieux nous faire sentir, au-delà de débats qui aujourd'hui encore nous agitent, l'"épopée de la naissance d'une nation" dans la version des vaincus de l'Indépendance des États-Unis.